



Nombre
d'oiseaux accueillis

Toutes
espèces et toutes origines confondues, près de 6 000
oiseaux en détresse appartenant à plus de 140 espèces
ont été accueillis au centre de sauvegarde du Marais aux Oiseaux
depuis son ouverture.
La plupart ont été ramassés le long des routes et sur
les plages, là où la fréquentation humaine est la plus
forte, avec un pic très net de juin à septembre (plus de 45
%). Cette période est celle de l'émancipation des jeunes oiseaux
(qui sont alors très vulnérables). Elle a lieu durant la saison
estivale, ce qui augmente la probabilité de découverte.
Ces oiseaux ont été le plus souvent apportés directement
au centre de sauvegarde par les personnes qui les ont trouvés.
Les espèces sauvages les plus fréquemment enregistrées
sont des espèces pélagiques - c'est-à-dire qui vivent
en haute mer - comme le fou de Bassan et le guillemot de Troïl, ainsi
que des rapaces diurnes et nocturnes, comme le faucon crécerelle,
l'effraie des clochers ou encore le hibou moyen-duc.
Principales
causes d'accueil
Déterminées à partir de l'examen des animaux réceptionnés
et des conditions de la découverte, les causes d'accueil ne sont
pas représentatives des causes de mortalité régissant
les populations sauvages. Elles témoignent néanmoins de l'impact
de certaines activités humaines sachant qu'une infime partie des
oiseaux touchés est retrouvée. Globalement, six causes d'accueil
se dégagent nettement. Les proportions données ici seulement
à titre indicatif sont pour certaines sujettes à des variations
parfois importantes d'une année à l'autre.
Un
oiseau sur quatre présente un état apparent d'affaiblissement
général dont la raison est malheureusement souvent inconnue
faute d'analyses ou d'autopsies systématiques.
Un
oiseau sur quatre également est recueilli suite à un choc
contre un obstacle : il peut s'agir d'un filin, d'un câble aérien,
d'une verrière...
La
découverte à terre de jeunes non volants concerne un oiseau
sur six : ce sont principalement des jeunes rapaces nocturnes en cours d'émancipation.
Un
oiseau sur huit est victime de la circulation routière : ici comme
ailleurs, les rapaces nocturnes lui payent un lourd tribut.
Un
oiseau sur treize porte des traces plus ou moins importantes d'hydrocarbures
(cette proportion a été malheureusement nettement plus élevée
lors du naufrage de l'Erika et du Prestige).
Un
oiseau sur vingt a été tiré (on ne peut que regretter
que des espèces protégées soient encore sciemment abattues).
Parmi les diverses autres causes répertoriées, certaines sont
tragiques comme ces fous de Bassan pris par des hameçons où
empêtrés dans des filets de pêche, ces jeunes cigognes
blanches tuées lors de la chute de leur nid, ce héron cendré
qui s'est empalé dans une antenne de télévision…
D'autres trouvent une issue heureuse comme ces effraies des clochers trouvées
emmêlées dans du ruban tue-mouches ou ce milan noir manifestement
échappé de captivité et découvert pendu dans
un arbre, la chaîne qu'il portait à une patte s'étant
enroulée autour d'une branche.
Bilan
des soins
Malgré les soins prodigués, de nombreux
oiseaux meurent dans les 24 heures suivant leur accueil ou doivent être
euthanasiés en raison de leur état.
Ceux qui sont handicapés à vie en raison par exemple d'une
fracture mal ressoudée, sont transférés dans le parc
de découverte en compagnie de congénères.
Après parfois plusieurs semaines de soins, ce sont en moyenne 50
% des oiseaux pris en charge par le centre de sauvegarde du Marais aux Oiseaux
qui actuellement retrouvent la liberté. Ce pourcentage varie d'une
année à l'autre et surtout d'une espèce à l'autre
: les résultats les moins bons sont obtenus auprès des oiseaux
marins le plus souvent trouvés très affaiblis.
(cliquez
ici pour un bilan succinct de l'année écoulée)
Le fait d'être situé en pleine nature dans un espace boisé
en bordure de marais offre au centre la possibilité de pouvoir relâcher
sur place la plupart des espèces terrestres présentes à
Oléron.
Les oiseaux de rivage et les oiseaux pélagiques sont, quant à
eux, relâchés sur le littoral ou en mer.
Les oiseaux relâchés sont munis de bagues fournies par le Centre
de Recherches sur la Biologie des Populations d'Oiseaux (sauf les petites
espèces peu susceptibles d'être retrouvées en raison
du faible nombre d'individus concernés). Le devenir de ces oiseaux
relâchés est le plus souvent méconnu.
S'il est vrai que des individus paraissant pourtant aptes à retrouver
la liberté ne survivent pas plus de quelques semaines, d'autres se
réinsèrent avec succès. Ainsi ce mâle de busard
des roseaux victime d'une collision avec un véhicule, qui après
25 jours de soins a retrouvé la liberté et a élevé
deux jeunes le printemps suivant.
Information
du public
La
salle d'exposition du bâtiment d'accueil du Marais aux Oiseaux permet
au public de découvrir le fonctionnement du centre de sauvegarde
grâce à une cassette vidéo qui relate en 13 mn le déroulement
de la prise en charge et le devenir des oiseaux reçus.
Par ailleurs, dans le cadre des activités pédagogiques réalisées
sur le Pays
de Marennes-Oléron, le Marais aux Oiseaux propose aux écoles
des interventions axées sur les principales menaces pesant sur l'avifaune,
tout particulièrement celles dues aux activités humaines.
Etudes
et Publications
Le centre de sauvegarde du Marais aux Oiseaux collabore à diverses
études écotoxicologiques, génétiques ou encore
comportementales. L'analyse par des laboratoires spécialisés
de cadavres d'oiseaux morts de façon suspecte a permis par exemple
de mettre en évidence le fait que des rapaces comme le busard
des roseaux sont encore sciemment empoisonnés ou victimes de
contaminants comme le plomb qu'ils absorbent en mangeant des cadavres d'animaux
tués à la chasse.
Deux synthèses sur le bilan du centre de sauvegarde ont été
publiées à ce jour (évolution annuelle du nombre d'accueils,
principales espèces concernées...) : 1982-1993
et 1994-1997 (.pdf).
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